Aujourd’hui, dans la guerre engagée par les autorités contre le VIH, une autre bataille retient l’attention. Si les traitements permettent de vivre avec le VIH, la meilleure victoire reste encore d’éviter les nouvelles contaminations. C’est dans cette logique que la prévention occupe une place de plus en plus importante dans la stratégie nationale.
En effet, l’urgence de la lutte contre le VIH au Togo ne consiste plus seulement à identifier les personnes infectées et à leur garantir un accès aux traitements. Ce défi a été progressivement relevé grâce à l’amélioration de la prise en charge des patients et à l’élargissement de la couverture thérapeutique sur l’ensemble du territoire. Les chiffres récents montrent que le Togo dispose désormais d’un dispositif de prévention capable d’agir à grande échelle tout en cherchant à atteindre les populations les plus exposées.
Sensibiliser massivement pour agir en amont
Car le fait est que, plus les populations sont sensibilisées, plus elles sont en mesure d’adopter des comportements qui réduisent les risques de contamination. En 2025, les campagnes de sensibilisation ont permis de toucher plus de 2,3 millions de personnes à travers le pays. Parmi elles, 1 335 188 jeunes âgés de 15 à 24 ans, près de 492 000 femmes de 15 à 49 ans et plus de 458 000 personnes issues de la population générale.
La prévention est désormais pensée à grande échelle, mais avec une cible prioritaire : la jeunesse. Ce choix traduit une lecture lucide de l’épidémie. C’est souvent à l’adolescence et au début de la vie adulte que se construisent les comportements qui influencent durablement les risques d’exposition. La sensibilisation est donc solidement installée.
Le dépistage s’installe progressivement dans les habitudes
Il reste tout simplement l’un des moyens les plus efficaces pour freiner la progression du VIH. En 2025, 650 142 personnes ont réalisé un test à travers le pays, contre 594 332 l’année précédente. Cette progression confirme que le dépistage gagne en accessibilité et en acceptabilité sociale.
Parmi les personnes testées en 2025, 10 174 cas positifs ont été identifiés, soit un taux de séropositivité de 1,56 %. Au-delà des statistiques, ces résultats signifient surtout que des milliers de personnes ont pu être rapidement orientées vers les soins et bénéficier d’un accompagnement.
Le défi reste cependant important. Trop d’infections sont encore détectées tardivement, ce qui limite l’efficacité de la prise en charge et augmente les risques de transmission. D’où la nécessité de faire du dépistage un réflexe simple, régulier et dédramatisé.
Le préservatif
Dans la stratégie de prévention, il conserve toute son importance. La preuve : en 2025, plus de 20,2 millions d’unités ont été distribuées sur l’ensemble du territoire. Plus de 13 millions ont été destinées à la population générale, environ 2,7 millions aux jeunes, et le reste aux populations clés les plus exposées. C’est davantage que les 16 millions distribués en 2024 à travers les réseaux du système sanitaire.
La transmission mère-enfant recule, signe d’une prise en charge renforcée. Cet indicateur reflète à la fois la qualité du système de santé et l’efficacité des dispositifs de prévention.
En 2025, 275 983 femmes enceintes ont été dépistées. Parmi celles vivant avec le VIH, 3 731 ont été mises sous traitement antirétroviral.
Le résultat est visible. La couverture thérapeutique est passée de 86,51 % en 2024 à 90,65 % en 2025. Par ailleurs, le taux de transmission mère-enfant a reculé de 13,44 % à 11,35 %.
Une prévention qui se modernise et se rapproche des populations
Les orientations du Plan stratégique national 2027-2030 confirment une évolution importante de la stratégie. La prévention ne repose plus uniquement sur les campagnes classiques. Elle s’adapte désormais aux usages des populations, notamment des jeunes.
Les réseaux sociaux, les plateformes numériques, les outils d’auto-dépistage guidé et les dispositifs interactifs de conseil sont appelés à jouer un rôle plus important. L’objectif est de rendre l’information plus accessible, plus rapide et plus adaptée aux nouveaux modes de communication.
Dans le même temps, la question du financement reste centrale. Investir dans la prévention permet non seulement de sauver des vies, mais aussi de réduire les coûts futurs liés aux traitements et aux complications. Au final, les résultats obtenus montrent un système de réponse solide, en amélioration constante.






